// bosse.
Archives pour avril, 2011
C2H6O ou C21H30O2 ?
14/04/11
Un peu de culture et de philo :
La religion et la drogue
La religion et la drogue ont au niveau individuel la même fonction : aider à supporter les aléas de la vie (et ainsi, comme cela a été dit, continuer de faire préférer l’existence au néant). La religion le fait par des fables, par exemple celles de la vie après la mort ; la drogue en agissant directement sur le « contentement » de la personne.
Ce ne sont cependant que des solutions ponctuelles et circonstanciées, la religion finissant toujours par devoir inventer de nouvelles fables pour justifier les anciennes, et, à la manière des organismes vivants, s’étendant pour ne pas disparaître, s’étendant jusqu’à aller à l’encontre du bien qui était à son origine, s’étendant en faisant de toutes les catégories citées ci-dessus [note de fred : les catégories auxquelles fait référence l'auteur sont l'art, la politique, la connaissance, la morale et la place de l'homme dans l'univers] des sous-catégories d’elle-même (la morale devient ce qui est bien et ce qui est mal pour la préservation de la religion ; la connaissance et la place de l’homme dans l’univers sont inféodés au dogme ; l’art est dénaturé en n’étant plus lié qu’à la fausse morale ; l’exploitation de l’homme par l’homme est justifiée et renforcée, et la drogue elle-même devient enjeu de pouvoir, intégrée au dogme ou interdite [2]). La drogue quant à elle n’agit qu’un moment et avec une efficacité décroissante avec le temps, jusqu’à devenir contreproductive.
2 : Sur les rapports entre religions et drogue, voir l’excellent Histoire générale des drogues de Antonio Escohotado. On y apprend que le vin de l’eucharistie est très comparable aux drogues diverses administrées lors de pratiques chamaniques païennes, et que le choix de cette drogue (l’alcool plutôt qu’autre chose) a entrainé le rejet hystérique des drogues autres que l’alcool dans les pays les plus touchés par le christianisme, rejet qui a, encore aujourd’hui, des conséquences énormes.
Bon, assez parlé de la religion, je vais plutôt m’intéresser aux drogues.
Ah, les drogues. Soyons clair, la définition de ce terme dépend du contexte, mais tourne souvent autour des phénomènes d’accoutumance et d’addiction ainsi que de la modification du comportement, de l’altération des sens.
Le simple mot drogue fait invariablement penser les réactionnaires au mot « drogué » : un jeune, violent, imprévisible, vivant la nuit, ne faisant rien de sa vie à part se tuer à petit feu. A toute la mafia qui vit de cette situation et qui assassine un peu partout dans le monde pour nous faire parvenir ses produits chimiques.
Pourtant, et il était bon de le rappeler dans la citation introductive, l’alcool est aussi une drogue. Une vilaine drogue même : dépendance physique et psychologique, accoutumance, modification du comportement, risque mortel dans divers accidents (comas, chutes, violences, voiture…). Deux millions de français sont alcooliques.
Le tabac aussi, est une drogue, on le sait. Niveau accoutumance, c’est plutôt balaise. Mais niveau accidents et tout, beaucoup moins. Enfin, il y a bien les cancers, mais, « laissons les gens se tuer comme ils le veulent ».
La réalité
La réalité sur la consommation des substances illégales en France, c’est que notre pays est l’un des plus répressifs en la matière, et pourtant l’un de ceux où, par exemple, le cannabis est très répandu, au point de devenir un produit de consommation finalement plutôt courant.
La réalité sur les raisons qui font que l’alcool est historiquement, autorisé mais pas le cannabis, est d’origine religieuse.
La réalité qui fait que l’alcool et le tabac sont des produits de consommation courante est qu’ils représentent une source d’argent pour le gouvernement grâce à d’importantes taxes. Ce n’est pas un reproche que je fais ici, il est de toute façon invraisemblable d’interdire l’alcool et le tabac (eux l’ont tenté
).
La réalité sur le cannabis est qu’il est moins dangereux que l’alcool, cf ce rapport sur la dangerosité des produits.
Les questions
Partant des vérités générales que j’ai énoncées ci dessus (oui oui, générales, je n’ai pas été inventer quoi que ce soit, ce sont des faits avérés), plusieurs questions se posent.
- Pourquoi l’État, pourtant laïque, voudrait-il augmenter la répression de la consommation et de la vente de drogues sauf l’alcool ?
- Pourquoi l’État, alors qu’il fait de nombreuses campagnes contre la consommation d’alcool et de tabac, ne fait-il qu’augmenter leurs prix plutôt que les interdire ?
- Pourquoi l’État ne vient-il pas plutôt proposer une offre légale de cannabis tout en la taxant fortement comme il le fait pour l’alcool ?
Mon avis est que pourtant, la réponse à tout le problème se trouve dans l’idée de la dernière question. Un point de vue progressiste sur le sujet vous intéresse-t-il ? Le point de vue de la majorité de la gauche, oui, je sais, triste constatation, mais c’est comme ça.
Déjà, dans un tel débat, il convient souvent d’écarter les drogues telles que l’ecstasy qui sont considérées comme étant extrêmement dangereuses. La question tourne majoritairement autour du cannabis, et surtout autour de la marijuana (la tête de la plante séchée). En effet, le seul frein « logique » à sa légalisation serait que celle ci soit plus dangereux que l’alcool. Mais il se trouve que non. On est face à une absurdité de la loi. Mon avis est que cette absurdité doit être corrigée, et, au vu des différents éléments, la solution « légaliser et taxer le cannabis » paraît bonne pour tout le monde. En effet :
- Il est déjà très consommé ;
- Il ne rapporte pas d’argent à l’État ;
- Il se vend déjà cher : de fortes taxes ne seraient pas gênantes pour les acheteurs ;
- les lois sont déjà adaptées, les contrôles de la route de dépistage de THC existent (même s’ils sont actuellement mal traités : les effets du cannabis ont beau ne durer que quelques heures, les traces restantes plusieurs jours après vous font actuellement perdre votre permis)
Bref, je ne fais en aucun cas l’apologie de cette drogue, j’essaye simplement de traiter le problème en termes rationnels, et il se trouve qu’au vu de la situation actuelle, en France, la réponse est évidente, et satisfaisante aussi bien pour l’État que pour le consommateur.
Mais la réponse n’est pas évidente pour lui, il faut croire.
1984
13/04/11
Bon, ça faisait deux ans que j’avais pas lu un bouquin. Pas bien, je sais.
Du coup j’ai commencé 1984. J’en avais entendu que du bien, et puis c’est la référence qui ressort invariablement dès qu’on parle de la société de surveillance dans laquelle on risquerait de sombrer suite aux dérives des droits numériques.
Genre, l’expression « Big Brother », si connue, vient de ce livre, et désigne le chef du parti.
Je suis loin d’avoir fini, mais la psychologie des personnages de ce roman est étonnante. Aucun ne viendrait remettre en question une quelconque mesure du gouvernement. Le bas peuple, car il est laissé à l’écart et n’a aucune connaissance de la politique. Les membres du Parti et des ministères, car ils sont simplement des fanatiques de leur chef et le croient aveuglément.
Tous, sauf le personnage principal, évidemment. Mais sa solitude l’empêche de se révolter. Non pas que ce fut interdit : il n’y a plus de lois. Seulement, si le moindre battement de coeur épié en permanence par les outils de surveillance venaient à le rendre suspect, il finirait invariablement par disparaître de ce monde. Il déteste ce monde, mais il ne se révolte pas, il reste seul et muet. (pour l’instant, pas de spoil ^^)
Niveau dictatures, on est très proche de celles d’Hitler et de Staline (ce roman ayant été écrit en 1949). Mais une dictature, d’hier ou de demain, ça possède finalement les même caractéristiques fondamentales : milice, surveillance, censure, propagande, etc.
Alors certes on n’est pas là dedans en France. Seulement, au niveau des dispositifs techniques et législatifs mis en place depuis peu, on tend vers une société permettant la surveillance et la censure facilement. Surveillance des réseaux peer-to-peer avec Hadopi, et peut être bientôt la surveillance de n’importe quel traffic (web, mail) avec ACTA ou un Hadopi-lasuite. Censure de sites de pari en ligne, et maintenant l’article 4 de Loppsi qui permet la censure de sites sans même passer par un juge. Pour ce qui est de la propagande, on sait bien que TF1 a viré un salarié qui était pour hadopi et qui l’avait fait savoir. Après, TF1 montre bien ce qu’il veut aux 8 millions de personnes qui regardent son JT tous les soirs. Mais à la limite, les JT montrent bien tous la même chose. Et c’est peut être ça aussi le problème. Ils ne répètent pas forcément tout haut que Sarkozy crée une milice avec des citoyens ou qu’il renforce leur pouvoir dans les cours d’assises.
Voilà, on n’est pas là dedans, mais on s’y dirige. Lentement, je ne sais pas, mais sûrement, ça ne fait aucun doute que toutes ces mesures vont totalement dans ce sens.
Quand j’ai le dernier article donné en lien (ce midi dans le 20minutes), j’ai été outré. Mais le fait de voir tout le monde autour de moi survoler cet article sans hausser le sourcil m’a dissuadé d’ouvrir la bouche.
Tout en un.
7/04/11
Il est de notoriété publique que Jordan préfère la console aux interfaces graphiques. Le genre de mec chiant que quand les développeurs se cassent la tête pour faire des trucs instables et user-friendly, lui, il ose critiquer
.
Étant donné qu’entre différentes distrib’, parfois, on ne trouve pas les mêmes interfaces / raccourcis / logiciels, mais toujours la même console, il m’a semblé intéressant de tout de même creuser de ce côté, au cas où je quitterai Ubuntu pour autre chose.
Et c’est comme ça que je suis retombé sur screen et moc.
MOC, c’est un player audio en console : vous pouvez naviguer dans vos répertoires ou vos listes de lecture intuitivement, les contrôles habituels sont tous présents, la recherche est super intuitive et pratique (comme avec less, vim ou htop), moc peut enchaîner les morceaux aléatoirement, et, bonus, en appuyant sur ‘q’ pour quitter, le démon ne se termine pas et la musique continue
.
Screen, son utilité, c’est plus ou moins de donner le pouvoir de ce ‘q’ à tout ce que vous faites en console. Je ne vais pas réinventer la roue et faire un tuto là dessus : l’idée, simple, c’est que vous lancez des consoles « virtuelles » dans une console. Cette console virtuelle, cette « session screen » (on peut en avoir plusieurs) contient donc plusieurs commandes en cours d’exécutions : par exemple, un tunnel ssh actif, moc, htop. En faisant Ctrl-a puis d, vous quittez screen et tout ce qu’il contenait, mais sans terminer leur exécution, comme le ‘q’ de moc, donc.
Pour tout récupérer, « screen -r », et c’est joué.
Pour les plus geeks, c’est amusant de voir tout ce qu’on peut faire en console : lire des musiques, des vidéos (en ASCII, oui
), des pdf, écrire des documents, naviguer dans ses dossiers et ses fichiers, aller sur internet, télécharger des fichiers, faire du peer-to-peer, lire et écrire des mails… Mais bon, quand même, Firefox et Thunderbird, pour ça, je m’en passerai pas ^^
Libre.
7/04/11
J’ai remarqué que j’avais autant d’articles dans la catégorie geek que dans la catégorie réflexions. Ceux de la partie geek parlent notamment de GNU/Linux, de langages, de scripts, de logiciels et d’Android, tandis que ceux de la partie réflexions parlent surtout de la politique du gouvernement, dans le sens où celui ci veut diminuer nos libertés fondamentales. Enfin, j’ai toujours pas fait un long billet sur DADVSI/LOPPSI/HADOPI/ACTA, je me désole.
Enfin bref, dans ces deux catégories je parle finalement beaucoup de libertés. Et, en fait, le lien est assez simple :
- Les logiciels libres n’auraient pas pu se développer sans l’existence d’Internet (pour la collaboration), de même que celui ci a si bien réussi grâce à ses spécifications et les technologies qu’il utilise, libres et documentées. Petit rappel : les serveurs de google sont sous GNU/Linux, ceux de Yahoo sous freeBSD, le serveur web libre apache est le plus utilisé au monde, les langages PHP, Javascript, la normes HTML, le protocole HTTP, sont tous libres. Ça se comprend assez facilement vous voyez. Pour plus de détails, cf cette conférence de Benjamin Bayart donnée durant les rencontres mondiales du logiciel libre de 2007.
- Les questions de remise en question de la nature même du réseau Internet ne sont politiquement pas neutres. En quelques mots, c’est parce que Internet permet à chacun de s’exprimer comme il ne l’avait jamais été possible auparavant ; il est possible à chaque citoyen d’apprendre à confronter ses idées avec celles des autres, à argumenter, à débattre ; Internet peut créer une génération de gens aptes à cela : la censure, la surveillance et les impossibilités de diffusion, de partage et d’auto-hébergement vont idéologiquement contre ces avancées. Encore une fois, c’est Benjamin Bayart qui en parle le mieux, mais cette fois ci en trois conférences (1h30 chacune) données à Sciences Po l’année dernière.
L’avenir du chiffrement.
4/04/11
Les gouvernements voient d’un mauvais oeil le chiffrement. En effet, c’est suspicieux :
- Pour les États-Unis, ça peut vouloir dire que vous prévoyez un attentat.
- Pour la Corée du Nord ou la Chine, ça peut vouloir dire que vous parlez en mal de votre gouvernement.
Dans le premier cas, on peut se dire que c’est légitime : statistiquement, ils n’ont pas tort de penser ça, et c’est après tout une question de défense du pays, et même une question de vie ou de mort, pour les éventuelles victimes.
Dans le second cas par contre, on sent bien, en tant qu’occidentaux, que ces gens ont fondamentalement raison..
Et en France ?
Bah, honnêtement, en France, on serait plutôt dans le premier cas. Enfin, avec Hadopi, maintenant, plein de connexions chiffrées seront en fait dûes aux téléchargements illégaux passants par des VPN. Ça, d’ailleurs, ça fait bien chier les USA, qui auront encore plus de boulot pour surveiller les échanges chiffrés, les pauvres…
En tout cas, comme les autres états, la France n’est pas fan du chiffrement, il n’y a qu’à voir que le login et le webmail d’orange.fr ne sont même pas en https (oui, l’état représente encore 25% d’orange).
Il est important que des outils d’anonymisation et de chiffrement existent, car ces outils permettent d’entrer en résistance, dans le sens « résister contre l’oppression », ce qui est un droit de l’homme. Cette necessité se voit d’ailleurs à travers les révolutions du monde arabe.
Mais y a-t-il un risque à ce que l’utilisation de ces outils se généralise ? A priori oui, puisque c’est « plus dur pour les USA de voir où sont les vrais terroristes », voire impossible, si ces chiffrements sont puissants (style qui mettraient des mois/années à être bruteforcés par un super-ordinateur), et s’ils sont utilisés partout, tout le temps, par énormément de gens.
D’un autre côté, imaginons un pays qui bascule dans la dictature, ou disons, sous un régime plus sévère, ou bien, imaginons la Chine, tiens. Si tout le monde dans ce pays utilise des outils chiffrés, puissamment chiffrés, pour communiquer sur internet, c’est alors impossible pour le gouvernement de faire quoi que ce soit. Enfin, si, ils peuvent couper Internet, mais c’est pas si simple, et puis, on a vu ce que ça donnait récemment : ça ne donne pas une très bonne image du pays, les peuples libres du monde entier sont scandalisés, le peuple du pays concerné encore plus, et commence alors une résistance d’une toute autre envergure…
Pour ou contre ?
Le débat a eu la chance d’être prolifique grâce à des outils comme freenet : il s’agit d’un logiciel permettant d’échanger des fichiers, de consulter des sites et d’en créer, à l’intérieur même de freenet : toutes ces données étant stockées de façon chiffrées et anonymes un peu partout dans le monde, chez quiconque installe le logiciel. Ce genre d’outil paraît être une merveille de résistance, mais aussi, hélas, une merveille pour les terroristes, pédophiles, nazis, etc. Voilà donc tout l’argumentaire du pour : je suis personnellement plutôt d’accord avec, et cet argumentaire peut s’appliquer sur n’importe quel type de chiffrement et d’anonymisation dont je parle dans cet article.
A la limite, quand tous les gouvernements du monde seront adorables, on verra. Mais en attendant, si on doit peser le pour et le contre, il s’agit de savoir si, ce qui fait potentiellement le plus de mal, ce sont les terroristes & Cie, ou bien les dictatures… & Cie. Et autant ces outils permettent d’entrer en résistance contre les seconds, autant, même sans ces outils, les premiers existent, tranquillement, cachés (je n’ai aucun souvenir, dans ma vie, d’être tombé sur un site pédophile ou prônant le racisme davantage que celui-ci).
<-- Par ici, la liberté.
3/04/11
Dans l’article précédent, je parle des résultats du politest, mais pas du contenu de celui ci. C’est donc ici que je vais le faire, et, je préviens, c’est long et ça trolle.
Les thèmes
1) LES IMPOTS (faut il les baisser, les augmenter, sous quels critères, et pourquoi ?)
2) LA MONDIALISATION (faut il l’encourager, la stopper, l’encadrer différemment, et pourquoi ?)
3) LA PAUVRETE ET L’EXCLUSION (dans quelles mesures l’état se doit il d’aider les pauvres, et pourquoi ?)
4) LES SERVICES PUBLICS ET LA PLACE DE L’ETAT (le service public doit il être restreint, augmenté, spécialisé, mixé, et pourquoi ?)
5) LES ENTREPRISES (faut il favoriser les patrons, les salariés, dans quelle mesure l’état doit il s’y intéresser, et pourquoi ?)
6) LA RELIGION (faut il l’encourager, l’interdire, l’encadrer, lui fixer des limites, la combattre, et pourquoi ?)
7) L’HOMOSEXUALITE (faut il l’interdire, la cacher, l’autoriser, égaliser les droits entre homosexuels et hétérosexuels ?)
8 ) LE DROIT A L’AVORTEMENT (faut il l’enlever, laisser la femme totalement libre de ce choix, sensibiliser au meurtre commis, imposer des conditions plus dures, et pourquoi ?)
9) LES DROGUES (faut il en débattre, durcir les lois, les légaliser, ou juste les « douces », et pourquoi ?)
10) LA LUTTE CONTRE LA DELINQUANCE (faut il durcir les lois, chercher à en comprendre la source et en régler les maux, faire de la prévention, et pourquoi ?)
11) DROIT DE VOTE ET NATIONALITE (quelles doivent être les conditions pour avoir le droit de voter, en france, et pourquoi ?)
12) L’IMMIGRATION (comment faire en sorte que l’immigration soit « réussie » ? doit on interdire l’immigration illégale ? et pourquoi ?)
QUESTION FACULTATIVE
Pour vous, le plus important pour se sentir proche d’un parti ou d’une personnalité politique, c’est de partager les mêmes convictions sur :
a) La façon d’envisager les problèmes économiques et sociaux. // 1-5
b) Les questions de société, l’évolution des moeurs. // 6-9
c) L’idée qu’on se fait de la France, ou de l’Europe, ou du monde. // 10-12 + 3
Vous aurez remarqué que dans le détail de chaque question, j’ai mis « et pourquoi ? ». C’est ce que je trouve réellement bien dans ce test : chaque réponse est motivée d’un argument. Sans ça, finalement, l’utilisateur ne saurait même pas pourquoi il clique sur cette réponse, tout comme la masse ne sait pas pourquoi elle vote pour Sarkozy.
Mes opinions
Ce qu’il ne faut pas perdre de vue, c’est que je suis étudiant. Alors oui, j’ai déjà fait des jobs d’été, mais je n’ai pas de connaissances réelles de l’entreprise, des relations hiérarchiques, pas d’exemple concret, faisant partie de ma vie, d’effet de la mondialiation. Je ne paye pas d’impôts, je ne suis pas au chômage, je ne bénéficie pas du RSA, je ne suis pas à la rue. Et je ne vis pas non plus dans un endroit « chaud », je ne connais pas la vie en banlieue, je ne connaît pas d’immigrés clandestins, bref, mon expérience de la vie est assez faible.
Mais je ferait remarquer que les membres de notre gouvernement n’en savent à mon avis pas bien plus que moi. Ils n’ont probablement jamais été ouvriers, employés, ne sont probablement pas nés en banlieue, et sont bien plus riches que moi. Voyons donc mes opinions aux différents thèmes du politest :
Je ne sais pas.
A la question de la MONDIALISATION, j’ai vraiment été embêté. Tout me paraissait vrai, avantages comme inconvénients de la mondialisation. Alors, que faire ? Je ne suis vraiment pas qualifié pour répondre à cette question. J’aurai tendance à peser le pour et le contre, et à prendre des décisions assez mesurées. Pour la question sur les IMPÔTS, c’est un peu pareil.
Je sais.
Certaines réponses m’ont semblées tout à fait évidentes. Comme celles sur l’HOMOSEXUALITÉ, LA RELIGION, ou LE DROIT À L’AVORTEMENT. Mais si ces questions sont posées, c’est bien que la réponse n’est pas évidente pour tout le monde. Pourquoi donc est-ce si simple pour moi ? Parce que je suis, à en croire Wikipédia, tolérant et respectueux :
Extraits de l’article « tolérance » de Wikipédia :
Au sens moral, la tolérance est la vertu qui porte à accepter ce que l’on n’accepterait pas spontanément, par exemple lorsque cela va à l’encontre de ses propres convictions.
La tolérance par respect de l’individu pourrait se formuler comme: « Je ne suis pas d’accord avec toi, mais je te laisse faire par respect des différences. »
La tolérance pour la défense d’un idéal de liberté, est parfaitement illustrée par une célèbre citation attribuée à Voltaire: « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire. »
- les homosexuels doivent avoir les mêmes droits que les hétérosexuels ;
- toute femme doit pouvoir avorter librement ;
- quiconque doit pouvoir pratiquer la religion qu’il souhaite ;
Tout ceci, dans le respect des autres lois, de la constitution française, et de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, bien entendu.
La réponse est dans la question.
Pour d’autres thèmes, la réponse a également été facile. Pas aussi évidente que les 3 thèmes précédents, mais tout de même rapide à prendre, car en ayant lu les différentes réponses possibles, seule une était crédible, possédant un vrai argument. Les thèmes concernés, pour ma part, sont LES DROGUES et L’IMMIGRATION.
- Prenons le 1er de ces thèmes, les drogues. Les différentes opinions possibles sont :
a) Légaliser les drogues douces serait une grave erreur : il faut plutôt lutter contre l’usage de toutes les drogues.
b) Il faut légaliser les drogues douces, et dépénaliser l’usage des drogues dures.
c) L’usage modéré des drogues douces, pour un adulte, n’est pas plus dangereux que celui de l’alcool.
d) La légalisation des drogues douces pose problème : comment procéder ? en mesure-t-on vraiment les conséquences ?…
Les réponses a) et b) ne répondent tout simplement pas à la question « pourquoi ? », il n’y a aucun argument derrière. La réponse d) soulève des questions mais n’apporte aucune réponse. Enfin, la réponse c) est une évidence pour quiconque s’est déjà renseigné au sujet des drogues : l’alcool est une drogue, au sens scientifique, et ce n’est pas la plus « douce », loin de là, même si ce terme reste vague. J’ai donc répondu c) par évidence.
- Passons à l’immigration. Voici les opinions possibles :
a) L’intégration fonctionne quand les immigrés sentent qu’ils ont non seulement des droits, mais aussi des devoirs ; et il est important de lutter contre l’immigration clandestine.
b) Les problèmes liés à l’immigration ne proviennent pas des immigrés, mais du contexte (économique, social, historique…) dans lequel l’immigration se produit, et la première urgence est de faire respecter les droits des immigrés, qu’ils soient en situation régulière ou non.
c) L’intégration est réussie quand les immigrés sentent qu’ils ont les mêmes devoirs mais aussi les mêmes droits que les autres citoyens du pays : il faut donc tout mettre en œuvre pour faire cesser les discriminations dont ils peuvent être victimes.
d) C’est quand les immigrés adoptent les valeurs du pays d’accueil que l’intégration est réussie.
e) Certains immigrés resteront toujours des étrangers : leur place serait plutôt dans leur pays, pour notre bien et pour le leur.
Je pense que…
- Pour la pauvreté et l’exclusion, il y avait peu de choix. J’ai mis celle du milieu : l’État doit venir en aide aux plus démunis, mais il ne faut pas tout attendre de lui. En effet, il y a des gens qui abusent du système, ce n’est pas honnête, il y a des gens qui ont réellement besoin de l’aide de l’état.
- Pour les services publics, le cas des télécommunications est évoqué. Les opérateurs et les FAI sont maintenant privés, en France. Résultat, dans mon village, le portable ne passe pas et l’ADSL est à 512k maximum… Donc non, pour moi, les services publics se doivent d’être de qualité et ne doivent pas chercher à être rentables avant tout : ce sont nos impôts qui les financent.
- Pour les entreprises, j’ai en mémoire de nombreux cas où les employés se font entuber par leur patron. L’inverse, je ne vois même pas. Donc même si les entreprises françaises se doivent d’être compétitives, l’état se doit de faire davantage attention aux salariés qu’actuellement.
- Pour la lutte contre la délinquance, il est vrai que je n’y ai pas vraiment été confronté durement, c’est pourquoi sur ce sujet, mon attitude me semble objective : s’il n’y a pas ou peu de délinquance dans ma petite ville creusoise mais qu’il y en a beaucoup dans certaines banlieues, c’est qu’un contexte y est lié(chômage, ghettos, problèmes familiaux, difficultésd’intégration…), il faut donc en priorité régler le mal à la source, c’est à dire s’occuper de ces contextes difficiles. La politique du gouvernement, depuis des années, c’est la tolérance zéro, le karsher, la répression, le durcissement des peines, et, une fois de plus c’est objectif : ça ne marche pas bien.
- Enfin, pour le droit de vote et la nationalité, l’évidence voudrait que seuls les français puissent voter en France. Oui mais parfois dans la vie, on n’a pas toujours le choix : par exemple, les étrangers vivant en France l’ont ils tous choisis ? Ou était-ce une nécessité ? Un peu des deux. En tout cas, ces gens vivent en France, comme vous et moi : pourquoi n’auraient-ils pas leur mot à dire, leur opinion à exprimer ? La question est à creuser, mais certainement pas dans le sens du gouvernement actuel, qui voudrait rendre plus difficile l’accès à la nationalité française, et qui voudrait rendre possible la perte de la nationalité française par certaines personnes. Je serai plutôt favorable à une évolution dans le sens opposé.
Alors, gauche ou droite ?
Déjà, cette question prouve qu’il y a un problème. Est-ce que je peux être de gauche pour certaines questions, de droite pour d’autre ? Oui, car, pour TOUS les thèmes ci dessus, la gauche et la droite ont un avis différent. Et je trouve ça aberrant, monstrueux. Pourquoi les politiques des bords opposés se sentent-ils obligés de diverger sur tous les points de vue ? Je suis certains que parmi les gens de gauche, certains auraient eu des réponses dites « de droite » pour certaines questions, et inversement. Malheureusement, en politique, ce qui marche bien, c’est la dualité, comme j’en parle dans mon article sur le vote utile. Aux États-Unis, c’est très clair : républicains (vieux chrétiens conservateurs) VS démocrates. En France, on a une multiplicité de partis, on devrait donc sortir de ce schéma. Pourtant, on y reste, avec le modèle gauche vs droite. Et grâce à ce test, on peut même voir que chaque opinion est stigmatisée « de gauche » ou « de droite », ou « au centre », quand c’est mitigé.
Dans le politest, en fait, il y a trois grands groupes de questions, et le calcul « gauche ou droite » est effectué sur chacun de ces « axes ».
Axe 1 : Les questions économiques et sociales.
(Questions 1 à 5) Être de gauche là dedans, ça signifie être plutôt favorable à l’intervention de l’Etat. Être de droite là dedans, c’est être plutôt favorable au désengagement de l’Etat. Alors, vous qui êtes un employé, vous qui êtes un citoyen français, vous qui utilisez les services publics : vous voulez un État qui s’intéresse à vous ou bien un État qui ne lèverai même pas le petit doigt ? Faut croire que je suis de gauche sur cet axe.
Axe 2 : L’identité et la responsabilité.
(Questions 3 + 10 à 12) « Quelle importance accordez-vous au contexte dans lequel une personne évolue pour comprendre qui elle est et comment elle se comporte ? Quelle est la part du contexte et quelle est la part de notre responsabilité individuelle dans ce qui fait notre identité ? » De gauche = prépondérance du contexte. De droite = prépondérance de la responsabilité individuelle. Là, il y a de quoi réfléchir. Ce qui est certain, démontré, évident, c’est que le contexte et la personnalité de chacun jouent un rôle, tous les deux. Mais là encore, nier le contexte comme le fait la droite, accuser les personnalités des jeunes, augmenter la répression, ça n’amènera rien de bon, il faut être intelligent sur ces problèmes. Là encore, je suis donc, selon mes réponses, plutôt « de gauche ».
Axe 3 : Les manières de vivre.
(Questions 6 à 9) Être de droite dans ce thème, c’est être conservateur, c’est à dire favorable à un certain respect des normes établies. Être de gauche = être favorable à la liberté de chacun de ne pas tenir compte de ces normes. Je ne savais pas vraiment ce que signifiait conservateur jusque là. Pour moi, Sarkozy n’avait rien d’un conservateur, puisque des lois il en a pondu à toutes les sauces, j’aurai souvent préféré qu’il « conserve » l’existant en ne faisant rien. Si vous avez suivi, vous aurez remarqué que cet axe là, c’est les questions sur lesquelles j’ai dit que la réponse était évidente pour peu qu’on soit tolérant. Et, je dois vous le dire, je ne suis pas surpris de voir que, selon ce test et ces réponses, être tolérant, c’est être de gauche. Oui, être de gauche dans les manières de vivre, en gros, c’est partir du principe que tant qu’on ne risque pas de créer un tort à autrui, on peut bien penser ce qu’on veut, s’habiller comme on veut, bref, faire ce qu’on veut. Ce principe, ça a un nom, ça s’appelle la liberté.
Conclusion : les gens de droite sont-ils tous de méchants intolérants oeuvrant contre la liberté ?
Non, non et non, évidemment que non. Malheureusement, au nom de leur parti, les politiques se rangent parfois du côté de ces idées. Les grands patrons qui sont de droite, ils le sont pour l’argent, pas parce qu’ils ne veulent pas que les homosexuels se marient. Mais, tous ces gens qui ne sont pas patrons, ces gens comme moi, pourquoi votent-ils à droite alors ? Ont-ils peur des « homosexuels », des « drogués », des « immigrés », des « jeunes » ? Oui. Ces gens vivent dans la peur inspirée par les médias et la droite.
Bref, il y aurait de quoi parler encore des heures et des heures. D’ailleurs, c’est pas dit que je le fasse pas. Mais cet article est déjà bien trop long. Cela dit, même s’il doit avoir l’air assez brouillon, je tiens à résumer vite fait mes propos. J’ai parlé du politest et de ses 12 thèmes constituant 3 axes. J’ai parlé du pourquoi de mes réponses. J’ai constaté que j’étais de gauche partout, et notamment sur les manières de vivre car je suis tolérant (c’est juste une constatation, je ne le répète pas par plaisir, j’aurai plutôt espéré que ça soit la norme). Cette tolérance et ce respect des libertés fondamentales (droits de l’homme et du citoyen, tout ça…) semblent me catégoriser à gauche. Et des trois grands axes, c’est quand même celui qui me paraît le plus important, et de très loin. J’aurai pu être « de droite » sur les autres axes, ça n’aurait pas eu tant d’importance.
Donc voilà, tant que cela ne changera pas, je ne risque pas de voter à droite. J’ai beau n’avoir que 19 ans, je pense quand même être assez mature et assez pas-corrompu-par-l-argent pour savoir que des gens sont morts au nom de la liberté, car celle ci n’a pas de prix. Et, pardonnez moi messieurs les patrons, mais la liberté de faire endurer ce que je veux à mes employés, ça ne compte pas. Moi, je parle de liberté d’expression, de liberté de pensée, de liberté civile.
Je finirai sur cette citation très célèbre qui s’insère extrêmement bien dès qu’on parle de la droite actuelle, représentée par notre président aux idées répressives, réactionnaires et sécuritaires, et dès qu’on parle de libertés fondamentales :
Ceux qui sont prêts à sacrifier une liberté essentielle pour acheter une sûreté passagère, ne méritent ni l’une ni l’autre. – Benjamin Franklin