Politique

Médias, politiciens, démocratie…

Je m’excuse par avance pour ce billet décousu, rédigé depuis mon téléphone…

Certes, tout le monde n’est pas spécialiste en législation ou en vocabulaire technique.
Mais quand j’entends à la radio que la hadopi a envoyé 650 000 mails aux gens qui ont « partagé des fichiers en peer to peer », c’est juste faux. Ça aurait tué les journalistes de préciser « fichiers soumis aux droits d’auteur » ? Parce que la on retombe dans la crétinerie qui consiste à dire que le peer to peer est interdit.

Le même jour, je lis dans un journal que ces mails ont été envoyés aux internautes soupçonnés de « télécharger illégalement de la musique et des films. » Là, il n’est même pas fait mention du peer to peer. Et techniquement, ces internautes là sont punis pour avoir uploadé et non téléchargé ces fichiers, même si cela se fait en parallèle dans le cas du peer to peer. S’ils n’avaient fait que télécharger, ils n’auraient même pas été détectés.

Je ne parle même pas du fait que, en réalité, ces internautes sont coupables de « non sécurisation de leur connexion », et non pas d’un quelconque téléchargement. Il faut avouer que la stupidité de cette loi oblige les journalistes à faire quelques raccourcis. Mais cela ne les justifie pas pour autant. Si on part du principe que leur rôle est d’informer les citoyens, alors les journalistes ne devraient pas nous mentir.

On dit souvent que le jt de tf1 est le summum de l’abrutissement. Mais la radio et le journal papier ne valent pas mieux. Le problème n’est pas tant le type de média, mais les objectifs fixés par leurs patrons : relater des scoops en jouant sur les sentiments du client, ou faire comprendre au citoyen ce qui se trame autour de lui. Manifestement, radio scoop et le journal 20minutes ne sont donc pas des exemples, il fallait s’y attendre ;) . Problème, ce sont des médias très grand public, à l’image du jt de tf1.

Quand on est un site spécialisé, c’est relativement simple de produire un article de qualité sur le sujet, car on s’y connait, et car il suffit d’un bon lien hypertexte pour rappeler au lecteur les grandes lignes du sujet. Par contre, quand on est un média grand public autre part que sur le web, c’est impossible. Et ça se ressent dans leurs articles sur hadopi, sur les nouvelles technologies en général, sur les nouvelles lois, sur l’économie, la finance, la crise… bref, leurs articles sont souvent succincts, incomplets, mauvais. Faute de temps, faute de place, faute d’envie, aussi. Ils sont une façon pour le citoyen d’avoir une idée de ce qui se passe dans le monde, mais pas de le comprendre. Déjà qu’avec un cursus scolaire moyen, on a aucune notion de droit, d’économie ou d’informatique, ce ne sont pas les médias traditionnels qui nous aideront à nous forger des opinions sérieuses sur les enjeux actuels.

Décidément, je ne vois pas comment le français moyen, c’est à dire pas au courant du fond de ces sujets importants, peut voter intelligemment.

Entre ça et le fait qu’on a de nombreux candidats où le choix se fait entre bonnet blanc et blanc bonnet et le fait qu’on est cernés par les politiciens corrompus, je me dis que le vote ne fait qu’entretenir l’illusion de la démocratie. Le pouvoir est en réalité partagé par une petite caste de politiciens amis des lobbys, qui s’appuient sur l’ignorance populaire maintenue par les médias pour rester en place.

Idéalement, il faudrait faire en sorte que tous les citoyens aient les moyens de faire un vrai choix dicté par leur savoir et leur opinion. Dans les faits ça ne sera jamais possible.

C’est pourquoi, Platon et Montesquieu, par exemple, critiquaient la démocratie.
« Selon Platon, les simples citoyens, ignorant de la Vérité et réfléchissant surtout en fonction de leurs intérêts particuliers, ne sauraient diriger à bien la cité, et par conséquent le pouvoir du peuple ne peut que conduire celle-ci vers la corruption. Il défend ainsi au contraire l’idée que seuls devraient gouverner des philosophes rois, ou des rois philosophes. »

Dans les faits, ça non plus, ça ne serait pas possible. Pourtant, quelle utopie, de pouvoir remplacer nos lobbyistes corrompus par des gens vertueux à même de diriger…

Les positions de différents partis sur les libertés numériques.

Certes, on est encore à un an des présidentielles, rien n’est joué, ni figé, mais je crois que tout le monde est pressé, et puis, ce n’est pas la veille des élections qu’il faudra regarder ce que proposent les partis. Parce qu’ils vont tous commencer subitement à s’intéresser aux citoyens, et que ça sonnera un peu faux. Il ne faut pas perdre de vue ce que le gouvernement a fait depuis 4 ans…

Quand je dis que ça sonne un peu faux, ça reflète le désintérêt général des français pour la politique et la perte de confiance en leurs représentants. Je pense à des promesses non tenues, des affaires obscures dans les tribunaux, des propos outrageux, des accointances particulièrement fortes avec différents chefs de multinationales ou dictateurs étrangers…

Cette impression, on la ressent envers la plupart des politiques, peu importe leur parti. Néanmoins, il faut bien se dire que la droite actuelle en tient une bonne part de responsabilité. En même temps, elle est au pouvoir depuis 16 ans maintenant.

Du coup, la plupart des gens sont réticents quand ils voient les partis se positionner en faveur des libertés numériques. Ils sont habitués aux magouilles de l’UMP et se disent que rien de bon ne sera fait. Je ne suis pas devin, certes, mais vous non plus. Le mieux que l’on puisse faire est de se référer aux opinions individuelles des politiciens, à la position officielle de leur parti, et à leurs actions passées.

Les opinions

L’UMP, on connaît. Sarko et sa clique, les copains majors, le combo Orange-Deezer-Dailymotion, Hadopi 1, 2, 3, la censure sercète (article 4 de LOPPSI 2), le futur DPI, les agissements contraires aux directives de l’ONU et à la neutralité du Net. X

Le Parti Pirate, on connaît moins. De jeunes gens dont la seule motivation à la création d’un parti politique est justement la mise en exergue de l’enjeu qu’ils défendent, les libertés numériques. Aucune ambition de pouvoir pour le Parti Pirate français, seulement une présence symbolique sur l’échiquier politique. V

Europe Écologie – Les Verts, initialement, c’était pareil que le parti pirate, mais avec pour domaine clé l’écologie. Mais sinon, c’est le même schéma. L’intégration entre Libertés Numériques et Ecologie a été parfaitement réalisée par Europe Ecologie, contrairement à certains partis qui, après avoir ignoré l’écologie pendant des décennies, font désormais de même avec les libertés numériques. Et Eva Joly confirme cette position. V

Le MoDem : plus ambigü. Là, on peut vraiment se poser la question de l’opinion honnête de Mr Bayrou. Il a voté contre la loi LOPPSI, mais n’est pas contre le filtrage, comme en témoigne cet article et ses commentaires, et notamment l’interview énoncée ou Bayrou met finalement en avant le principe du DPI. X

Le Front de gauche : il réunit plusieurs partis dont le PCF, le PCF qui veut « l’abrogation des lois LOPPSI, HADOPI et des lois sécuritaires et liberticides » (source). V

Le Parti Socialiste : Bien que les opinions de François Hollande aient été mitigées au sujet d’Hadopi, là où le programme du parti annonce officiellement :

L’existence de réseaux libres et ouverts, accessibles en lecture et en écriture sans filtrage ni bridage, et plus généralement la « neutralité du Net » sont des principes à protéger afin de garantir la liberté d’expression, la non-discrimination et le caractère de bien commun essentiel des infrastructures numériques. Il sera de notre responsabilité d’inventer les nouveaux modèles démocratiques de l’économie de la culture et de l’information qui ne passent ni par Hadopi, ni par l’ingérence du politique dans l’audiovisuel public. À rebours des politiques répressives et régressives conduites par la droite depuis dix ans, il nous faut conclure un nouveau pacte de confiance avec les internautes.

Hollande se voyait plutôt réviser seulement certains points de la Hadopi. Finalement, il pencherait plutôt pour une abrogation pure et simple. Ça sent la démagogie, mais bon… Allez, V !

Le Front National : désolé, c’est mon blog, et je n’ai pas envie de m’attarder sur les idées de ce parti de vieux, pro-peine de mort, homophobe et xénophobe… cependant, je précise que la licence globale est envisagée et que Hadopi a été critiquée par Le Pen. Mais, ce n’est pas la liberté des citoyens ou la neutralité du net qui est défendue (il n’y a qu’à voir l’absence d’opinions du FN sur l’article 4 de la LOPPSI 2), c’est en fait le combat contre les majors américains et contre les conneries de Sarkozy (enfin, ça, c’est louable ;) ). X

Etc, y’a d’autres partis, mais ces idées sont facilement extrapolables je pense, et puis, j’ai fait le tour des plus gros.

La grande question :

Est-ce que, une fois élus, ces partis feront réellement respecter leurs idées ? Le pessimiste dira que non, l’optimiste dira que oui. Et le mec normal ? Le mec normal, on l’a vu, il n’a plus trop confiance aux politiciens, il a tendance à être pessimiste, en fait.

Allez, soyez pas comme ça, les gens. Tous les politiciens ne sont pas Sarko. Et puis il ne tient qu’à nous de râbacher leurs promesses à nos politiques. Maintenant, ils l’ont dit, c’est leur position officielle, c’est écrit noir sur blanc dans les articles, interview à l’appui. S’ils ne sont pas pressés de faire appliquer ces promesses, on les harcèlera.

Bon, je suis peut être dans la catégorie des optimistes, aussi :)

Sarkozy à l’eG8

#eG8, le hashtag présent dans chaque tweet des dernières 24h, et c’est pas prêt de s’arrêter.

Faut dire que notre président a/va encore lancer de jolies phrases, de belles perles. Bah, je n’ai jamais considéré qu’il me représentait, donc son ridicule ne va pas m’attrister.

Dans les phrases qui circulent dernièrement sur le Web, on sent néanmoins que cet homme est conscient de la puissance que représente Internet, de la chance qui nous est offerte par cet outil, de cette révolution. Il a présenté à juste titre Internet comme :

La troisième mondialisation de l’Histoire, après les grandes découvertes et la révolution industrielle du XIXe siècle.

Cette introduction est sympa, malheureusement, sa conclusion, on le sait, est tout autre : il faut civiliser Internet. Il faut que les gouvernements du monde entier s’en chargent, main dans la main.

Pour nous mettre à l’abri de quoi ? Des vilains téléchargeurs, déjà. Nous même, quoi. Vous feriez mieux de réfléchir à un modèle de rémunération compatible avec une économie d’abondance, messieurs.

A l’abri des terroristes pédo-nazis communo-anarchistes, aussi.

« Ne laissez pas la technologie que vous avez forgée porter atteinte aux droits élémentaires des enfants… Ne laissez pas la révolution que vous avez lancée devenir un instrument aux mains de ceux qui veulent porter atteinte à notre sécurité et donc à notre intégrité. »

Désolé mon vieux, mais j’ai fait un exposé intitulé « Violence et Technologie » il y a de ça une semaine, alors je vais pas me gêner :

La technologie est ce qui différencie l’être humain de l’animal. La technologie désigne toutes sorte d’outils : les outils physiques, les machines, les objets, et les outils impalpables : les concepts, les techniques, les méthodes.

La violence est malheureusement inhérente à l’homme, et certaines personnes l’expriment de manière anormale. Et pour cela, ils se servent très souvent des outils que la technologie nous offre. L’exemple le plus évident est une arme. A l’origine, c’était pour chasser : on les a vite transformés en outils de meurtres.

Internet est un autre outil. Un outil par définition totalement neutre, on peut faire ce que l’on veut avec. Il est donc aussi bien une formidable révolution pour la liberté d’expression qu’une potentielle arme pour les criminels. Mais il est également une aide pour la police. Bref, il est neutre, ce n’est qu’un réseau de transport, il fait exactement ce qu’on lui demande, et il le fait très bien.

Monsieur Sarkozy, dans votre appel, on perçoit bien que vous ne voulez pas de cet outil neutre. Cette neutralité responsable de tous ces échanges incontrôlés et incontrôlables. Cette neutralité à l’origine d’une égalité entre internautes, et donc entre citoyens du monde, à l’origine d’une liberté d’expression auparavant impossible à exercer, à l’origine de tant de collaboration, d’aide et de partage. Liberté, Égalité, Fraternité, non, vous n’en vouliez pas autant.

DSK, un violeur, sérieusement ?

À un an de la présidentielle pour laquelle il est favori ? Permettez moi au moins d’être sceptique, et d’envisager qu’il subisse les mêmes magouilles que Julian Assange, le créateur de Wikileaks, lui aussi accusé d’aggression sexuelle, probablement dans le but de le faire taire. Le « truc louche », c’est qu’il aurait presque « fui » l’immeuble juste après les faits. L’autre truc, c’est que DSK a déjà une petite réputation d’homme à femmes un peu dérangeante, avec une laison extra-conjugale en 2008.

Et puis la différence avec Julian Assange c’est que là, DSK n’a rien d’un ennemi des États Unis. Donc soit c’est vrai, soit c’est juste une employée de l’hôtel où DSK séjournait qui veut faire parler d’elle, soit celle ci a été corrompue par des opposants à DSK dans le but de le discréditer, et quand je dis des opposants, je pense plutôt aux opposants Français, appeurés de le voir se présenter dans les prochains jours. Ou alors c’est un autre candidat socialiste, tiens :P

Le problème, c’est surtout que cette accusation va déservir tout le parti socialiste, car les français risquent faire des raccourcis assez bêtes. Si DSK ressort blanchi de cette affaire, sa cote baissera surement, il risque de perdre les primaires du PS ou les élections. S’il n’en ressort pas, Martine Aubry prendrait probablement sa place et perdrait surement aux primaires face à Hollande, Hollande qui n’est même pas contre Hadopi. Enfin, DSK, lui, on sait même pas ce qu’il en pense d’Hadopi : ça fait 5 ans qu’il est absent de la scène politique française…

La fameuse histoire « DSK et la porsche » ne m’intéressait absolument pas. Le fait qu’il attaque en justice France Soir sous prétexte que ce journal le discréditait en parlant de cet évènement insignifiant, par contre, m’embête. Et la liberté d’expression ? La liberté d’opinion ? La liberté de la presse ? Moi ça m’énerve ces histoires, le pire restant peut être Nadine Morano faisant un procès suite au commentaire d’une internaute sur Dailymotion.

Wait and see. J’ai quand même envie de crier au complot, tant ça paraît gros tout ça, mais bon.

Edit : surtout que, étant donné que le procès peut facilement traîner en longueur, DSK risque d’être dans l’impossibilité de se présenter aux primaires socialistes !

Hadopi et Streaming

Ha, la blague :

La Hadopi n’irait pas assez vite. C’est en tout cas ce que pense l’APC (Association des Producteurs de Cinéma) dont le délégué général estime que la Haute autorité devrait rapidement s’en prendre aux sites de Streaming.

Pour ceux qui ne le savaient pas, les entrées de cinéma en France en 2010 ont été les plus hautes depuis 1967.

Toujours pour ceux qui ne le savaient pas, la Hadopi ne surveille jusque là que les réseaux peer-to-peer car de par leur mode de fonctionnement, chaque utilisateur connaît les adresses IP des autres partageurs. De cette manière, la Hadopi récolte les adresses IP, procède à l’identification des personnes incriminées, et leur envoie un mail, puis une lettre, puis une amende et une déconnection d’internet (oui, comme en Égypte).

Dire qu’Hadopi devrait s’intéresser au plus vite au streaming, c’est finalement dire qu’Hadopi devrait s’intéresser au plus vite à « tout ce qui n’est pas peer-to-peer ». Vous téléchargez des films sur Megaupload ? Vous savez surement qu’au lieu de cliquer sur télécharger, vous pouvez cliquer sur « regarder en streaming sur Megavidéo ». C’est strictement la même chose : streaming ou téléchargement direct, il s’agit ni plus ni moins que d’une connexion directe entre votre ordinateur et les serveurs de Megamachin.

Surveiller le streaming, c’est donc une immiscion du gouvernement entre vous et le reste d’internet. Au niveau de votre box ou des serveurs de votre fournisseur d’accès internet (orange, free, etc), typiquement.

Jusque là, l’échange de données entre vous et le reste du monde ne faisait que transiter par votre livebox et les serveurs de votre FAI. Avec la mise en place d’une technologie de surveillance, les données ne feront pas que transiter : elles seront analysées.

Autrement dit, sous la notion « surveillance du streaming » se cache la surveillance généralisée de toutes nos communications sur internet (sauf les rares communications cryptées, bien entendu, qui restent illisibles par le gouvernement venant y fourrer son gros nez). Et, puisque c’est le but, si les données téléchargées sont considérées comme illégales, vous serez punis.

Retenez bien cette comparaison : accepteriez vous que le gouvernement lise chaque lettre que vous envoyez et recevez et vous punisse si ce n’est pas « conforme » ?

Je reprendrai bien un peu plus de répression, SVP.

Une augmentation des morts sur les routes : 355 morts en avril 2011 contre 296 en avril 2010. 59 de plus, quoi. Sont-ce ces 59 morts qui ont inquiété le gouvernement au point de prendre certaines mesures plutôt obscures ? Je parle notamment de la suppression des panneaux prévenant l’imminence d’un radar fixe, l’interdiction de les cartographier ou des les signaler (les avertisseurs de radars sont maintenant interdits, même les applications sur smartphone), ainsi que de l’obligation pour les motards de vêtir un vêtement réflechissant, typiquement le beau gilet jaune qu’on a tous mis sur les épaules du siège passager (ou pas). Il y a d’autres mesures, qui ne font que renforcer la répression et augmenter les peines, mais ce sont ces deux volets qui me gênent le plus.

Juste pour info, à côté de ça, en avril, on a surement eu nos 860 suicides mensuels et nos 5500 morts mensuels dûs au tabac, mais bon, on ne peut pas renforcer les peines pour ceux qui se suicident et ceux qui fument (là où ils en ont le droit), il n’y en a pas… (et puis les seconds rapportent du blé, quand même. L’État vous remercie de votre patriotisme et de votre sacrifice.)

Les radars

Je sais pas vous, mais moi, j’ai toujours eu, instinctivement, cette intuition, cette peur (finalement fondée) que les panneaux avertissant les radars soient un jour supprimés. Bon ben, c’est fait. Pareil pour ces petits boitiers ou logiciels collaboratifs où chacun dit où se trouvent les radars mobiles. Enfin, entre nous, je vais pas me gêner pour télécharger une application qui fait ce boulot sur l’android market si le coeur m’en dit. Y’en a aussi pour iPhone et pour Symbian, évidemment. Reste plus qu’à y intégrer une base de donnée concernant les radars fixes puisque la répartition de ceux ci ne sera plus divulguée.

C’est comme pour la lutte contre le téléchargement illégal : l’utilisateur averti aura toujours un cran d’avance et évitera les peines, et roulera à la vitesse qui lui plaît, tandis que monsieur tout le monde, peu féru de technologie et roulant à l’occasion à 140 sur les lignes droites de 2 km, se prendra une belle amende.

Je pense même que devant cette soudaine augmentation des risques, on aura de nombreux citoyens qui se mettront dans l’illégalité « grâce » à ces technologies, grâce à Internet. Internet est vraiment un outil de résistance à l’oppression.

Mais, ces applications étant interdites, le policier peut il vérifier que mon smartphone n’en contient pas ? Peut il me forcer à lui donner mon code pour déverrouiller mon smartphone ? Peut-il m’emmener au poste ou m’attribuer arbitrairement une amende si je refuse ? Peut il faire appel à des techniciens pour démonter et scanner mon smartphone, comme on le fait avec le disque dur de l’ordi de Ben Laden ? Peut il me jeter à la mer ? Je plaisante un peu, mais je me demande où s’arrêtera tout cela. Les pouvoirs accordés au policier font que ceux cis se voient systématiquement haïs, et qu’on est, dans certaines procédures, traités comme le seraient des terroristes.

Les motards

Commençons bien, avec des stéréotypes : un motard, c’est soit un cadre qui en a marre des embouteillages à Paris, soit un amoureux des deux roues avec une veste en cuir, soit un jeune (au choix, survêt et scoot, ou jean et 125). Je dirai que 99% des mecs avec un blouson en cuir (et 99,99% si ils ont une Harley Davidson) ne voudront pas s’affubler d’un gilet jaune. Je dirai aussi que 99% des jeunes ne vont pas enfiler ce truc moche.

Ce n’est qu’une supposition qui se transformera en constatation. Je ne juge pas. Je suis conscient que les deux-roues représentent une grande partie des tués. Mais, sachant que cette obligation ne sera pas respectée, je pose la question : quelle sera la peine encourue ? Probablement une amende, une de plus.

En matière de sécurité routière, une politique stricte est compréhensible, car on parle tout de même de morts. C’est pas comme pour le téléchargement illégal, où là, la surveillance généralisée, la censure et le filtrage font tout de même tâche face au danger très relatif que représentent « des copies de fichiers » (control-C, control-V, oui oui).

Alors, grâce à ce motif sérieux, le gouvernement se permet de telles mesures. Toutes protestation de la part du premier quidam venue est alors balayée d’un coup de main, le protestataire est décrédibilisé à grands coups d’insinuations du style : (prendre l’intonation de Sarko) « Vous trouvez ça normal qu’il y ait des morts sur les routes, vous ? Eh bien moi je ne pense pas. ». Le fanatique de l’UMP va vous dire la même chose. Mais Messieurs, l’enfer est pavé de bonnes intentions. Ces motifs sont certes louables, mais la réponse de la répression à outrance n’est pas adaptée. Le gouvernement n’a pas à se placer en ennemi du peuple, on aurait tendance à l’oublier. Tout cela ne fait qu’accroître le désintérêt politique des français (qui sert au final l’extrême droite), leur sentiment d’être des pompes à fric, d’être sous la pression des contrôles judiciaires, d’être souvent en train de flirter avec l’illégalité. Il y a quelques temps, avoir eu des ennuis avec la justice était chose rare. Mais depuis peu, cela devient chose courante, avec les dispositifs accélérés tels que Hadopi ou les radars. Et avec cela vient également la haine des flics et des politiciens.

« Mais, il faut bien que le gouvernement face quelque chose… »

Eh bien, pas toujours. Par exemple, pour reprendre l’exemple du téléchargement illégal, Hadopi n’aurait pas dû être mis en place. Une réflexion vis à vis du modèle vieillissant du droit d’auteur, de l’aspect grandissant de l’usage d’internet dans le partage de la culture et de l’information, et de solutions justes afin de rémunérer au mieux les artistes plutôt que d’engraisser leurs maisons de disques aurait dû être faite.

Dans le cas de la sécurité routière, sujet plus grave, et bien, c’est pareil : la solution la plus simple n’est pas forcément la bonne, des réflexions devraient avoir lieu. Je pense aussi à des solutions plus respectueuses des citoyens que nous sommes. Des solutions qui arrêtent de nous considérer tous comme des délinquants et de nous imposer un climat de stress dans des activités quotidiennes.

Je sais bien que tout ce que je dis là passe mal, car il s’agit d’un sujet important, je ne le dénigre pas. Mais je pense qu’il faut se creuser la tête davantage. Je dis ça aussi bien pour les politiciens et les gens imaginatifs (qui devraient donc trouver des alternatives) que pour les citoyens qui devraient réfléchir aux conséquences et aux motivations de telles lois.

En l’occurence, le but est d’infliger un nombre d’amendes beaucoup plus conséquentes, d’imposer une pression toujours plus lourde sur la route, d’habituer les conducteurs, petit à petit, à une surveillance en augmentation, une surveillance de surcroît cachée et interdite à diffuser, tout ça pour, au final, annoncer que les chiffres de la sécurité routière sont en amélioration. Le peuple est fier de son gouvernement, il se dit que tout cela a payé, qu’il vit dans un pays qui s’améliore.

Question de point de vue.

Don à la Quadrature du net.

Ils savent très bien se présenter eux même :

La Quadrature du Net est une organisation de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet. Elle promeut une adaptation de la législation française et européenne qui soit fidèle aux valeurs qui ont présidé au développement d’Internet, notamment la libre circulation de la connaissance.

À ce titre, la Quadrature du Net intervient notamment dans les débats concernant la liberté d’expression, le droit d’auteur, la régulation du secteur des télécommunications ou encore le respect de la vie privée.

Elle fournit aux citoyens intéressés des outils leur permettant de mieux comprendre les processus législatifs afin d’intervenir efficacement dans le débat public.

Le Don

Cette association nécessite un budget de 147 000 euros pour cette année. Elle n’est rémunérée que par des dons. En effet, elle est constituée de personnes qui passent leur temps à éplucher tous les textes de lois qui passent, quelqu’un qui a un boulot et une vie ne peut pas faire tout ça. Alors si on estime que ce qu’ils font est nécessaire, si on a les moyens de financer cette oeuvre, faisons le, leur survie ne dépend que de nous. Car en France il n’y a bien qu’eux pour faire cet important travail. Ce ne sont ni les lobbys ni nos gens du gouvernement qui viendront sonner l’alarme.

Un petit calcul : si seulement 0,023% de la population était sensibilisée à l’importance des libertés numériques et prête à débourser 10 euros par an, soit 0,83 euros par mois (une bagatelle pour à peu près tout le monde : moins que le prix d’un café), ça suffirait au financement de la quadrature du net.

Le combat se joue maintenant, pas dans 100 ans. Internet a 40 ans, le web en a 20. Les lois liberticides font l’actualité et passent presque comme dans du beurre, devant l’indignation de toutes les personnes s’intéressant au sujet.

Un article sur le blog de FDN explique pourquoi, « faute de combattants, nous sommes au risque de perdre, alors que nous sommes en position de gagner. »

L’article se finit par un beau :

Défendre les libertés, c’est plus facile que de les acquérir. Encore faut-il le faire.

Elle est bien loin, la révolution française. Les révolutions dans le monde arabe sont fascinantes car elles nous rappellent que ce combat pour les libertés n’avait pas été mené à terme partout.

Mais même l’esprit de 68 est bien loin. Cf l’article précédent, l’esprit est plutôt au désintérêt du débat politique, au laisser faire.

Voici un extrait de la première conférence « Qu’est-ce qu’internet » donnée par Benjamin Bajart à Sciences Po sur l’importance de l’enjeu :

Dominique Boulier, professeur de sociologie a Science Po

L’internet c’est pas une affaire de chercheurs, pas une affaire d’ingénieurs, pas une affaire de geeks, ça concerne tous les citoyens. Mon objectif en tant que professeur c’est de faire en sorte que mes étudiants comprennent bien que la politique qu’ils peuvent mener, ou les grands discours et débats génériques que l’on a ne valent pas grand chose tant qu’on n’est pas capables de rentrer dans le code, tant qu’on est pas capable de s’intéresser sérieusement à ce qui se fait, parce que c’est où se fait la politique actuelle, la politique de demain aussi, et qu’à chaque décision technique il y a des choix politiques qui sont faits. Et donc si on n’est pas capables d’avoir un minimum de culture technique dans ce domaine, eh bien nous abandonnons des grands leviers d’organisation de notre société a quelques uns, et à partir de ce moment il ne faudra pas se plaindre de se trouver dans des structures que nous n’avons pas forcément voulues.
Il faut mettre le nez dedans, et alors là c’est vrai qu’a cette occasion je fais voir des vidéos de Benjamin Bayart, parce que non seulement on met le nez dedans, mais en plus on ne s’ennuit pas, car vous le savez c’est toujours très stimulant de l’écouter ;)

Benjamin Bayart, président de FDN (fournisseur d’accès internet)

Je ferai ce cycle de conférences en trois parties.
Premièrement, si j’essaye de vous faire comprendre ce que c’est qu’Internet, je dois d’abord vous faire comprendre ce que c’est qu’un réseau. Il faut essayer d’enlever un maximum de magie dedans. Donc dans cette partie il ne s’agit pas de politique, il ne s’agit pas d’impact social, il ne s’agit pas de parler de ce qu’Internet apporte ou pas, il s’agit simplement de faire en sorte que le peu que vous retiendrez de cette partie fasse que vous compreniez que le réseau n’est pas magique, qu’il fonctionne de manière relativement simple et « bête », même si les enjeux politiques derrière sont énormes.
Ensuite il faut parler des applications s’appuyant sur le réseau, mon but étant que vous compreniez ce que c’est qu’une application sur Internet, comment ça marche, comment ça s’utilise, et que vous ayez un point de vue beaucoup moins « utilisateur » et beaucoup plus « architecte » sur ce que les différents modèles d’applications peuvent faire de bien ou de pas bien.
Enfin, je parlerai des impacts politiques et sociétaux de tout ce merdier. Je sais très bien que vous avez envie de lire tout ça à l’envers. Le volet qui vous intéresse, c’est le troisième. Or le problème c’est que vous ne pouvez pas réfléchir à quoi que ce soit de sérieux sur le troisème sans avoir compris les deux premier. En particulier, si un jour vous êtes ammenès à débattre des enjeux politiques d’Internet avec quelqu’un qui est plus compétent que vous techniquement, vous n’avez aucune chance. Même si vous avez raison, c’est pas le problème. Il me faudra a peu près 3 minutes pour vous embobiner techniquement dans a peu près n’importe quoi et vous noyer. Et si vous n’êtes pas capable de repérer a quel moment je vous ment/je vous enfume, il n’y a pas de discussion possible. De la même façon qu’on ne peut pas débattre de la liberté de la presse si on ne sait pas lire, simplement parce qu’on ne comprend pas l’enjeu. Et il se trouve qu’Internet est un des enjeux politiques majeurs du 21eme siècle. Voilà pourquoi je voulais venir expliquer ça ici, à Sciences Po.

Voilà voilà.

Faudrait que je trouve le temps de faire des articles synthétiques sur HADOPI, ACTA & Co, ça serait bien.

Je voudrai aussi rajouter une chose pour ceux qui se disent que « bah, Internet ça sert à aller sur facebook et a télécharger des séries, et tout ça c’est gratuit, alors bon, m’en fiche du reste » : Non, Internet ne sert pas qu’à ça. Internet c’est un formidable moyen de communication qu’on utilise constamment, et, même si vous n’utilisez pas toutes ses facettes, vous seriez certainement frustrés de savoir que toutes vos recherches sur google, tout vos sites visités, tous les contenus ou messages que vous échangez, sont connus par le gouvernement, et que la moindre faute sera retenue contre vous. Et ne me sortez pas que vous n’avez rien à vous reprocher. Certains ont besoin de l’anonymat. Et puis, c’est bon pour la démocratie. Et puis, télécharger des séries gratos, c’est illégal ;) .

Soirée FN.

Soirée samedi : pour faire court, deux joyeux larrons, inconnus, plusieurs verres dans le nez, une discussion sur la politique lancée négligemment, et on obtient deux jeunes pro-FN pressés de voter Marine en 2012.

Je ne parlerai pas du premier dont les propos étaient tout bonnement incompréhensible mais qui a réussi à aligner quelques mots signifiant que selon lui, Marine était l’opposé total de Sarko, l’extrême droite serait la solution face à la droite.

Pourquoi, mais pourquoi ces gens, face à une politique qu’ils n’approuvent pas, vont-ils chercher la solution à l’extrême droite, d’instinct ? Sarko est déjà à droite de la droite, pourquoi la solution ne se situerait-elle pas à gauche sur l’échiquier politique, comme la logique le suggérerait ?

La deuxième personne était assez simple à comprendre, en comparaison. Juste un idiot. Un idiot dont le seul argument pour voter Marine était que grace à celle ci, les drogues seront enfin légalisées.

Petit extrait du site officiel www.frontnational.com (article du 19 Novembre dernier) :

Le Front National rappelle enfin qu’il est le seul mouvement politique qui soit resté inflexible sur la question de l’interdiction de toutes les drogues dures et soi-disant « douces » et sur le fait que les grands trafiquants sont des criminels qui devraient encourir la peine capitale en conséquence des ravages qu’ils provoquent.

Je pensais que ce type avait entendu cet argument et était depuis devenu un pro-FN. Mais cet argument est faux, c’est même tout le contraire. Qu’est-ce qu’on voit là ? Qu’on à affaire à une droite réactionnaire, comme l’UMP mais en plus méchant. Je lui ai pourtant dit, à ce type, que c’était un constat triste mais réaliste que les idées progressistes se cantonnaient souvent à gauche.

Ensuite ce type a soutenu que le FN n’avait « rien de raciste ». Et les deux semblaient intéressés de voir la France « se refermer », s’isoler, de voir « les valeurs de la France » mises en avant.

Désolé mais la politique, c’est la manière dont une société s’organise, ce n’est pas du vin, des baguettes, des bérets, des crucifix, du saucisson, du camenbert et des crachats sur un joint ou un turban…

Enfin bon, ce qui me désole le plus dans tout ça, et ce qui m’interpelle, c’est cette faculté qu’a le FN d’engranger les voix de personnes stupides, des personnes qui se trompent totalement sur ce parti, presque volontairement on dirait, comme une parodie de la doublepensée de 1984.

1984

Bon, ça faisait deux ans que j’avais pas lu un bouquin. Pas bien, je sais.

Du coup j’ai commencé 1984. J’en avais entendu que du bien, et puis c’est la référence qui ressort invariablement dès qu’on parle de la société de surveillance dans laquelle on risquerait de sombrer suite aux dérives des droits numériques.

Genre, l’expression « Big Brother », si connue, vient de ce livre, et désigne le chef du parti.

Je suis loin d’avoir fini, mais la psychologie des personnages de ce roman est étonnante. Aucun ne viendrait remettre en question une quelconque mesure du gouvernement. Le bas peuple, car il est laissé à l’écart et n’a aucune connaissance de la politique. Les membres du Parti et des ministères, car ils sont simplement des fanatiques de leur chef et le croient aveuglément.

Tous, sauf le personnage principal, évidemment. Mais sa solitude l’empêche de se révolter. Non pas que ce fut interdit : il n’y a plus de lois. Seulement, si le moindre battement de coeur épié en permanence par les outils de surveillance venaient à le rendre suspect, il finirait invariablement par disparaître de ce monde. Il déteste ce monde, mais il ne se révolte pas, il reste seul et muet. (pour l’instant, pas de spoil ^^)

Niveau dictatures, on est très proche de celles d’Hitler et de Staline (ce roman ayant été écrit en 1949). Mais une dictature, d’hier ou de demain, ça possède finalement les même caractéristiques fondamentales : milice, surveillance, censure, propagande, etc.

Alors certes on n’est pas là dedans en France. Seulement, au niveau des dispositifs techniques et législatifs mis en place depuis peu, on tend vers une société permettant la surveillance et la censure facilement. Surveillance des réseaux peer-to-peer avec Hadopi, et peut être bientôt la surveillance de n’importe quel traffic (web, mail) avec ACTA ou un Hadopi-lasuite. Censure de sites de pari en ligne, et maintenant l’article 4 de Loppsi qui permet la censure de sites sans même passer par un juge. Pour ce qui est de la propagande, on sait bien que TF1 a viré un salarié qui était pour hadopi et qui l’avait fait savoir. Après, TF1 montre bien ce qu’il veut aux 8 millions de personnes qui regardent son JT tous les soirs. Mais à la limite, les JT montrent bien tous la même chose. Et c’est peut être ça aussi le problème. Ils ne répètent pas forcément tout haut que Sarkozy crée une milice avec des citoyens ou qu’il renforce leur pouvoir dans les cours d’assises.

Voilà, on n’est pas là dedans, mais on s’y dirige. Lentement, je ne sais pas, mais sûrement, ça ne fait aucun doute que toutes ces mesures vont totalement dans ce sens.

Quand j’ai le dernier article donné en lien (ce midi dans le 20minutes), j’ai été outré. Mais le fait de voir tout le monde autour de moi survoler cet article sans hausser le sourcil m’a dissuadé d’ouvrir la bouche.

L’avenir du chiffrement.

Les gouvernements voient d’un mauvais oeil le chiffrement. En effet, c’est suspicieux :

  • Pour les États-Unis, ça peut vouloir dire que vous prévoyez un attentat.
  • Pour la Corée du Nord ou la Chine, ça peut vouloir dire que vous parlez en mal de votre gouvernement.

Dans le premier cas, on peut se dire que c’est légitime : statistiquement, ils n’ont pas tort de penser ça, et c’est après tout une question de défense du pays, et même une question de vie ou de mort, pour les éventuelles victimes.

Dans le second cas par contre, on sent bien, en tant qu’occidentaux, que ces gens ont fondamentalement raison..

Et en France ?

Bah, honnêtement, en France, on serait plutôt dans le premier cas. Enfin, avec Hadopi, maintenant, plein de connexions chiffrées seront en fait dûes aux téléchargements illégaux passants par des VPN. Ça, d’ailleurs, ça fait bien chier les USA, qui auront encore plus de boulot pour surveiller les échanges chiffrés, les pauvres…

En tout cas, comme les autres états, la France n’est pas fan du chiffrement, il n’y a qu’à voir que le login et le webmail d’orange.fr ne sont même pas en https (oui, l’état représente encore 25% d’orange).

Il est important que des outils d’anonymisation et de chiffrement existent, car ces outils permettent d’entrer en résistance, dans le sens « résister contre l’oppression », ce qui est un droit de l’homme. Cette necessité se voit d’ailleurs à travers les révolutions du monde arabe.

Mais y a-t-il un risque à ce que l’utilisation de ces outils se généralise ? A priori oui, puisque c’est « plus dur pour les USA de voir où sont les vrais terroristes », voire impossible, si ces chiffrements sont puissants (style qui mettraient des mois/années à être bruteforcés par un super-ordinateur), et s’ils sont utilisés partout, tout le temps, par énormément de gens.

D’un autre côté, imaginons un pays qui bascule dans la dictature, ou disons, sous un régime plus sévère, ou bien, imaginons la Chine, tiens. Si tout le monde dans ce pays utilise des outils chiffrés, puissamment chiffrés, pour communiquer sur internet, c’est alors impossible pour le gouvernement de faire quoi que ce soit. Enfin, si, ils peuvent couper Internet, mais c’est pas si simple, et puis, on a vu ce que ça donnait récemment : ça ne donne pas une très bonne image du pays, les peuples libres du monde entier sont scandalisés, le peuple du pays concerné encore plus, et commence alors une résistance d’une toute autre envergure…

Pour ou contre ?

Le débat a eu la chance d’être prolifique grâce à des outils comme freenet : il s’agit d’un logiciel permettant d’échanger des fichiers, de consulter des sites et d’en créer, à l’intérieur même de freenet : toutes ces données étant stockées de façon chiffrées et anonymes un peu partout dans le monde, chez quiconque installe le logiciel. Ce genre d’outil paraît être une merveille de résistance, mais aussi, hélas, une merveille pour les terroristes, pédophiles, nazis, etc. Voilà donc tout l’argumentaire du pour : je suis personnellement plutôt d’accord avec, et cet argumentaire peut s’appliquer sur n’importe quel type de chiffrement et d’anonymisation dont je parle dans cet article.

A la limite, quand tous les gouvernements du monde seront adorables, on verra. Mais en attendant, si on doit peser le pour et le contre, il s’agit de savoir si, ce qui fait potentiellement le plus de mal, ce sont les terroristes & Cie, ou bien les dictatures… & Cie. Et autant ces outils permettent d’entrer en résistance contre les seconds, autant, même sans ces outils, les premiers existent, tranquillement, cachés (je n’ai aucun souvenir, dans ma vie, d’être tombé sur un site pédophile ou prônant le racisme davantage que celui-ci).